Declaration de principes

juin 14, 2013  |  Posted by admin
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Préambule

Les socialistes de gauche se situent dans la tradition du mouvement socialiste français, et plus particulièrement dans son courant démocratique tel qu’il s’est manifesté au lendemain du Congrès de Tours de la SFIO en 1920.
Si l’histoire a depuis tranché les débats fondamentaux qui opposaient alors les tenants du communisme à ceux de la sociale démocratie, il demeure que les deux familles de gauche qui sont issues de ce schisme politique portent historiquement bel et bien des conceptions très différentes de la liberté humaine, de la démocratie et des droits de l’Homme, du rôle de l’État dans une société. Il s’ensuit une différence de culture politique essentielle entre militants issus de la sociale démocratie et ceux issus du mouvement communiste de toutes tendances.
A ce titre, le Parti Socialiste de Gauche se situe dans la filiation du socialisme démocratique, refusant en toute circonstance d’opposer la liberté des Hommes au projet d’égalité sociale, mais au contraire en étayant les deux projets l’un par l’autre.

Les valeurs fondamentales

Les socialistes de gauche sont des femmes et des hommes de gauche, fondamentalement attachés à l’émancipation humaine qui affranchit de toutes les servitudes, à l’égalité des droits qui libère des injustices, à la démocratie qui donne une place à chacun dans la société, au progrès qui ouvre des gisements toujours nouveaux de bien être pour l’Humanité.
Parce qu’ils croient en la diversité des Hommes, richesse essentielle de l’Humanité, les socialistes de gauche affirment la nécessité de garantir effectivement le droit pour chacun de conduire sa vie comme il l’entend, dans le respect de son identité et de tous les éléments qui la constitue, dès lors que cette liberté fondamentale respecte celle des autres et se conforme aux lois de la République.
Parce qu’ils refusent toute discrimination entre les Hommes au motif de ce qu’ils sont, les socialistes de gauche combattent catégoriquement la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme ainsi que toutes les formes de ségrégations liées à la confession religieuse, aux croyances philosophiques, au handicap et à l’orientation sexuelle.

Un engagement humaniste et internationaliste

Les socialistes de gauche considèrent qu’il existe une seule Humanité devant vivre dans sa diversité sur la Terre qui est notre précieux bien commun. S’ils sont souvent organisés en groupes sociaux spécifiques, représentés par les nationalités et généralement incarnés dans des États, les Hommes appartiennent à la même communauté humaine et doivent donc privilégier le vivre ensemble. A ce titre, les socialistes de gauche défendent la paix entre les États comme objectif prioritaire et permanent. Les différents doivent être gérés dans le cadre des institutions internationales en vue de trouver des solutions de compromis. Le recours à la force ne peut être envisagé que pour rappeler un État à ses obligations de respect des règles de la communauté internationale.
Parce qu’ils croient dans l’objectif de construction d’une communauté humaine unifiée, respectant la diversité humaine dans tous ses aspects, ils affirment qu’il convient d’assumer l’histoire des Hommes en toute objectivité, n’en rien effacer des chapitres, y compris les plus sombres et parfois même les plus barbares, mais que cette histoire ne doit pas servir d’argument pour entretenir les divisions et affrontements entre groupes humains. A ce titre, les socialistes de gauche condamnent toutes les idéologies proclamant l’existence d’une hiérarchie entre groupes humains, quel qu’en soit le critère, souvent «justifiées» par leurs défenseurs par les conséquences de périodes de conflits appartenant au passé.
Les socialistes de gauche défendent l’objectif de préservation du milieu naturel, de sa bio diversité, et de l’équilibre de l’écosystème. A ce titre, ils estiment indispensables de mettre en oeuvre les régulations nécessaires à la protection de l’environnement, pour rendre compatibles les activités humaines avec un développement durable.
Les socialistes de gauche défendent le développement de politiques publiques internationales visant à lutter contre les fléaux frappant de larges couches de la population mondiale : la famine, l’absence d’eau potable, les pandémies, les violations des droits des enfants et de l’Homme, l’entretien et l’exploitation de la misère sociale. A ce titre, ils affirment le droit à la solidarité des populations touchées par ces fléaux et l’obligation des États riches à apporter leur aide en vue de combattre ses injustices insupportables.

La société socialiste du XXIème siècle

Les socialistes de gauche ont pour objectif de donner des perspectives concrètes d’amélioration de leur statut social à celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre. Parce qu’ils considèrent que le système capitaliste est, dans son mode de régulation même, générateur d’inégalités sociales toujours renouvelées, ils veulent transformer les mécanismes qui le rendent si injuste.
La libre entreprise est certes le gage de la promotion de la créativité, de l’initiative, de l’innovation à tous égards ; il convient de la préserver car elle est source de production de richesses toujours plus grandes. Mais cette richesse se trouve tendanciellement de plus en plus mal répartie entre les acteurs de la vie économique du fait même du lien jamais remis en cause durablement entre la propriété du capital et la récupération du profit.
Au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, les forces de la nation, regroupées dans le Conseil National de la Résistance, avaient construit un pacte fondant un modèle social dont la France bénéficie encore des effets, même si ceux-ci sont largement en retrait depuis quelques années. La sécurité sociale – couvrant les risques maladie, l’invalidité, la vieillesse – l’assurance chômage, les systèmes des minima sociaux, etc… ont permis de rendre plus efficaces les grandes politiques publiques favorisant l’accès aux droits fondamentaux que sont l’accès au logement, à la santé, à l’emploi et à un revenu minimal digne.
Ce modèle est aujourd’hui remis en cause par la mondialisation de la production et des échanges et par la financiarisation de la décision économique. Ainsi, ce qui avait pu être en partie corrigé du temps où les entreprises avaient des dirigeants propriétaires est aujourd’hui beaucoup plus difficile à pratiquer du fait de la dématérialisation du lien entre direction des entreprises et propriété du capital financier qui les alimente. Le contexte d’internationalisation du capital financier accentue la difficulté de créer un rapport de force permettant de maintenir un partage de la richesse créée.
La France est donc confrontée à une pression de plus en plus forte des puissances financières qui la somment de réduire son système de solidarité, tant dans ses mécanismes redistributifs que dans ses politiques publiques. Céder à ce schéma conduirait à l’augmentation massive de l’exclusion sociale par affaiblissement du filet social mais aussi par l’effet prix d’une marchandisation de services essentiels (santé, éducation, formation,…) devenant dès lors inaccessibles aux catégories sociales modestes.
Les socialistes de gauche considèrent que nulle société ne peut se construire et évoluer harmonieusement sans disposer d’un modèle social avancé, mettant au coeur de sa dynamique la valeur travail. Ils refusent la loi de la finance internationalisée, dont le dogme consiste à sacrifier les aspirations humaines et les choix de solidarité à la seule course à l’accumulation d’argent.

Cette orientation politique fondamentale entraine des choix clairsement assumés :

Les socialistes de gauche entendent créer les conditions d’une maitrise partagée de la décision économique au sein de chaque entreprise entre les représentants du capital, ceux du travail (les salariés) et les autres parties prenantes (corps social dans lequel évolue l’entreprise). L’objectif est ainsi de sortir la décision économique de sa seule logique financière d’une part et aussi de dégager une logique de partage des profits générant moins d’inégalités de revenus.

Les socialistes de gauche affirment qu’ils défendent le système de solidarité national de sécurité sociale couvrant les risques santé, invalidité, vieillesse sur la base du principe de redistribution. Le risque dépendance doit y être rajouté à part entière. Ce système global d’assurance collective doit garantir l’essentiel des montants couvrant ces risques pour chaque assuré. Pour cela, il faudra que le système soit financé par la contribution de tous les revenus, y compris patrimoniaux, selon les principes de proportionnalité et de progressivité.

En parallèle, les socialistes de gauche entendent que les grandes politiques publiques de l’enseignement, du logement, de la santé et du travail, soient puissamment renforcées, rénovées et adaptées aux nécessités de notre temps. Même si l’offre privée en ces domaines peut continuer à se développer, les socialistes de gauche affirment leur volonté que la puissance publique y joue un rôle essentiel permettant de garantir un accès effectif pour tous à ces droits fondamentaux. Ces politiques coûteuses doivent être financées par un grand impôt unifié fondé sur la proportionnalité de tous les revenus et leur progressivité.

Les socialistes de gauche sont pour le projet d’union européenne. Ils se donnent pour perspectives d’aller vers la création d’une confédération de nations, créant un système de pouvoirs supra nationaux gérant les affaires d’intérêt communautaire. Les socialistes de gauche souhaitent que cette confédération voit le jour le plus rapidement possible avec les États qui adhèrent au projet d’union politique et tout particulièrement avec l’Allemagne, pays avec lequel la France doit établir des liens puissants et durables. De ce point de vue, le maintien et le renforcement de la zone euro est un enjeu capital qui doit s’appuyer sur une Banque centrale européenne au service de la croissance.

Un État démocratique, neutre, efficace et exemplaire

Les socialistes de gauche sont pour un État républicain. Ils défendent la devise de la République française, ses caractères laïc, démocratique et social, ainsi que la séparation des pouvoirs.

S’agissant de la devise, l’enjeu de l’égalité est plus que jamais une revendication essentielle. Celle-ci ne veut pas dire uniformité en regard d’un supposé modèle d’identité française, conception qui autoriserait l’État à faire de la ségrégation vis-à-vis de telle ou telle partie de la population au motif qu’elle ne serait pas d’identité française. Pour les socialistes de gauche, la diversité des composantes de la société française, sa capacité à vivre ensemble, à bâtir des perspectives nouvelles communes pour le bien du pays et de sa population sont les seuls constituants de l’identité française. Dès lors, tout habitant de notre pays en est dépositaire et a droit de participer au projet collectif commun. L’État doit donc combattre avec force et rigueur toutes les discriminations et s’interdire toute politique ségrégative vis-à-vis de parties de la population.

S’agissant de la laïcité, les socialistes de gauche affirment avec force que l’ordre public républicain doit être déterminé en dehors de toute influence d’une religion quelle qu’elle soit. En parallèle, ils défendent le droit des religions de développer librement leur culte, dans le cadre de la loi, assurant des conditions dignes pour leurs fidèles, dans la volonté de préserver en toute circonstance la tolérance et le vivre ensemble au sein de la société démocratique.

S’agissant des institutions, la Vème République montre bien des limites, de plus en plus difficiles à dépasser. A vouloir mettre fin, à juste titre, au «régime des partis» qui avaient pénalisé le pays au cours des deux précédentes Républiques, la constitution de 1958 a abouti au cours des décennies, réformes après réformes, à une personnalisation et une concentration du pouvoir tout à fait excessive. La démocratie ne progresse plus en France : elle semble même reculer tant les citoyens se sentent loin de leur classe politique.
Les socialistes de gauche se prononcent pour un équilibre des pouvoirs et une rationalisation de la représentation nationale, limitant le nombre des Parlementaires, intégrant un mode de scrutin mixte assurant un fait majoritaire et préservant la représentation de toutes les sensibilités politiques. Ils veulent des institutions réellement démocratiques et transparentes, exigence qu’ils veulent voir également appliquer au fonctionnement des partis politiques concourant au suffrage universel, notamment par la sélection des candidats.

S’agissant de l’administration territoriale, l’organisation des pouvoirs publics a considérablement évolué dans notre pays depuis 1983. La décentralisation a mis fin, de plus en plus nettement, à l’État jacobin qui voyait l’essentiel des décisions prises par les fonctionnaires de Paris. L’objectif de rapprocher la décision politique des citoyens était louable et désormais, d’importants pouvoirs ont été délégués aux élus locaux dans le millefeuille administratif (communes, EPCI, départements, régions,…). Mais cette évolution s’est opérée sans que des dispositifs de mise en cohérence et de contrôle aient été mis en place. Aujourd’hui, force est de constater que l’administration du pays n’est pas très efficace et est fort coûteuse comparée aux pays similaires au nôtre.
Les socialistes de gauche se prononcent pour une rationalisation du modèle d’administration du pays. Les communes doivent faire l’objet de regroupements, à l’instar de ce qui s’est produit dans de nombreux pays, et les départements doivent être supprimés. Les collectivités locales restantes (communes regroupées et régions) disposeront de compétences spécifiques et n’auront donc plus de compétence générale. Les Préfets se verront attribuer la responsabilité du contrôle de tous les actes administratifs et la Cour des Comptes devra s’organiser pour contrôler tous les actes financiers des collectivités locales. En outre, les citoyens auront le droit de saisir ces deux instances pour demander des audits sur les actes publics de leurs élus qui leur paraitraient contraires à la loi.

S’agissant des élus, la rationalisation proposée se traduira nécessairement par une forte réduction du nombre des élus. Les socialistes de gauche veulent l’adoption d’un véritable statut de l’élu, garantissant l’égal accès pour tous aux mandats, des conditions d’exercice et de rémunération suffisantes, et le retour dans le monde du travail en fin de mandat. Par ailleurs, ils veulent que la notion de faute de gestion, intentionnelle comme non intentionnelle soit désormais imputable aux élus ayant pris des décisions préjudiciables à la collectivité dont ils ont la charge. Enfin, ils veulent que la règle de la déclaration publique du patrimoine de chaque élu en charge d’une délégation exécutive, dûment certifiée, soit généralisée.

Le parti socialiste de gauche

Le Parti socialiste de gauche (PSG) est un parti politique national qui concoure à l’expression du suffrage universel dans le cadre des institutions de la République. Il a conscience de son devoir de participer au débat public et de procéder à la sélection de candidats ayant pour rôle, en cas d’élection, de participer à la gouvernance du pays, à quelque échelon administratif que ce soit. Bénéficiaire à ce titre des facilités mises à sa disposition par l’Etat, il considère avoir la responsabilité de s’acquitter de cette tâche dans le souci de garantir à ses adhérents un fonctionnement réellement démocratique.

Le PSG est un parti démocratique, fondant son fonctionnement sur la libre participation des citoyens engagés, par leur adhésion, à respecter la charte d’éthique et la déclaration de principes édictés en annexe de ses statuts. La règle est donc que tout adhérent peut participer, à égalité des autres, aux débats internes et aux votes qui sont organisés en son sein.

Le PSG est un parti organisé, permettant le débat, mais faisant respecter les décisions de la majorité des suffrages exprimés. Une fois délibérée à la majorité, au terme d’un débat honnête, loyal et contradictoire, la décision est assumée par tous les adhérents.

Le PSG refuse catégoriquement toute discrimination au sein de son organisation. Seule la contribution des militants, par leur implication effective dans la progression des idées promues par le PSG, peut être mise en débat lors des procédures de désignation.

Le PSG fait le choix de l’intégration maximale des jeunes adhérents dans ses activités en vue de leur permettre d’assumer des responsabilités. En regard, le PSG veille à mettre en oeuvre un haut niveau de formation permettant à ses adhérents de connaitre l’ensemble des problématiques auxquelles entend répondre le PSG.

Le PSG entend promouvoir avec détermination le respect l’éthique. Par conséquent, tout comportement entrainant la violation des statuts et textes associés, tout acte violant la loi, sera sanctionné par une exclusion définitive du PSG.

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