Après le Brexit : analyse et position du PSG sur l’UE

juin 26, 2016  |  Posted by Grégoire PSG
Brexit

Le vote britannique, ce 23 juin 2016, est le résultat d’un profond refus populaire du fonctionnement des institutions et de la philosophie ultra libérale qui caractérisent l’UE.
Le discours xénophobe de l’extrême-droite (UKIP) a sans doute pesé sur une partie de l’électorat, mais le vote de fond est avant tout un vote de contestation d’un système institutionnel non démocratique dominé par les lobbys, dont le plus puissant d’entre eux est constitué par les banques ; un vote de contestation également du système capitaliste mondialisé qui accentue les inégalités sociales, enrichissant les plus riches et appauvrissant toujours plus les classes moyennes, précaires et pauvres.
Il est dramatique de devoir constater que, une nouvelle fois, la social-démocratie (Labour Party – LP) se soit rangée du côté des forces politiques conservatrices ultra libérales pour défendre le «remain». Outre que cela laisse le champ libre à UKIP pour s’attribuer seul la victoire du «leave», cela approfondit le fossé entre les couches populaires et ses organisations politiques qui ont pour rôle traditionnel de représenter leurs aspirations. Ce positionnement du LP est à l’image du SPD en Allemagne, du PS en France, et de tant d’autres : la social-démocratie a abdiqué de toute ambition de reprendre en mains le projet européen pour tenter de porter des perspectives politiques de démocratie et de progrès social.
La réaction de la superstructure mise en place par les classes dominantes (ministres, hauts fonctionnaires, grands patrons, éditorialistes, «économistes et experts »…) se déchaine, allant jusqu’à mettre en cause la pertinence du suffrage universel : «on n’aurait jamais dû faire un referendum» ; «de toute façon le peuple ne comprend rien aux vrais enjeux» ; «certaines couches du peuple ne peuvent pas comprendre (pas assez formées et cultivées) et sont égoïstes (comment donner le droit à des personnes dont l’âge leur donne une espérance de vie de 20, 15 ou 10 ans, de décider pour celles qui sont jeunes et ont une espérance de vie de 40, 50 et 60 ans ?)» . Les discours les plus hystériques sont développés avec le plus grand sérieux dans les médias («la ville de Londres va demander son indépendance», «les marchés vont s’effondrer»,… il ne manque plus que la prédiction de la fin du monde. Faut-il rappeler que la Suisse et la Norvège sont hors de l’UE et que ces deux pays se portent très bien en n’y ayant pourtant qu’un statut d’associé ?
En réalité, l’extrême violence des attaques contre les milieux populaires et contre les principes fondamentaux de la démocratie prouvent que le vote du peuple britannique a porté un coup terrible à l’oligarchie financière s’appuyant que la technocratie monopolisant le pouvoir dans les instances de l’UE à Bruxelles.
L’hypothèse d’un referendum en France devient désormais une revendication crédible. Son organisation marquerait sans doute un comportement similaire des couches populaires à celui observé en Grande-Bretagne. Ce serait donc toute la mécanique mise en place par les puissances d’argent qui risquerait de voler en éclat. Pas sûr que le coup de force réalisé contre le peuple souverain en 2007 par les élites (patronat, UMP, centristes et PS) annulant purement et simplement le vote « Non » du peuple français contre le TCE puisse se reproduire si aisément.
Dans ce contexte :

  • le PSG rappelle d’abord son attachement profond au projet européen visant à garantir un espace de paix par la coopération permanente entre les États-membres, par la définition de politiques communes convergentes, par le rapprochement entre les peuples eux-mêmes.
  •   le PSG réaffirme son opposition catégorique au système de régulation de l’UE fonctionnant à Bruxelles, dominé par la Finance internationale et arrêtant les Directives au gré des intérêts des lobbys.
  • le PSG souhaite que les forces de gauche se remobilisent pour défendre le projet européen sur la base d’un retour à un fonctionnement démocratique et avec la mise en marche d’une perspective de politiques sociales convergentes au service des couches populaires.
  • le PSG appelle à la négociation d’un nouveau traité fondamental refondant l’UE, traité qui devra être approuvé par referendum dans tous les États-membres.

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